Jonk, le photographe globe-trotter passionné d’exploration urbaine, est de retour avec un nouveau projet photographique, regroupé au sein d’un livre. Nommé Spomeniks, ou Monument dans la langue de l’ex-Yougoslavie, ce projet a pour but de documenter l’architecture des monuments commémoratifs disséminés dans les Balkans. Après deux voyages et pas loin de 10 000 kilomètres parcourus, Jonk nous dévoile quelques-uns des plus beaux, et des plus étranges mémoriaux qu’il a pu croiser durant ses pérégrinations.

Zone de conflit depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Balkans, et la Yougoslavie sont aujourd’hui morcelés en plusieurs nations, unis par une même histoire. Les monuments qu’a choisi de capturer Jonk sont autant de marques indélébiles de cette histoire mouvementée, marquée par la guerre. Pour la plupart, il s’agit de monuments chargés de commémorer une bataille, un massacre, ou la présence d’un camp de concentration durant la seconde guerre mondiale. Construit entre les années 60 et 70, ils ont pour la plupart été commandés et inaugurés par Tito durant sa dictature.

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Depuis l’éclatement de la Yougoslavie en plusieurs territoires, ces monuments ont été peu à peu abandonnés, réappropriés, voir détruits pour une bonne partie d’entre eux, comme pour gommer l’influence de Tito. Jonk a tout de même pu photographier une bonne cinquantaine d’entre eux en écumant la Serbie, la Croatie, le Monténégro, la Slovénie ou encore la Macédoine. Ces clichés permettent ainsi de découvrir une architecture étrange, à la limite de l’art, qui mélange brutalisme et futurisme pour un résultat abstrait et presque d’un autre monde.

Au-delà de la démarche artistique, Jonk cherche aussi à renseigner l’histoire de ces monuments. Sans dresser un portrait complet de chaque monument, il s’est tout de même lancé dans des recherches extensives pour retrouver le nom des architectes, ou les raisons de leur construction. Pour se faire, il est allé consulter de nombreux documents dans chaque pays, n’hésitant pas à se lancer dans des travaux de traductions, afin de grappiller de petits morceaux d’histoire. Un travail d’archiviste loin d’être complet, qu’il tente de compléter à l’aide des gens qui visionnent ses photos.

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