Introduction
Je souhaite pour commencer remercier vivement La Boutique Nikon, qui m’a prêté cet appareil le temps d’une soirée pour faire une prise en main rapide et vous présenter ce formidable nouveau boîtier.

Un an après l’annonce de la sortie des D300 et D3, Nikon, fort d’une place de leader nouvellement acquise en France sur le marché des reflex experts/pros, sort un nouvelle bombe, attendue comme le messie par de nombreux nikonistes : le reflex expert full-frame à un tarif accessible.

Grand frère du D300 ou petit frère du D3, comment se comporte ce nouveau venu ? Qu’apporte ce nouveau boîtier à la gamme ?

Construction:
Pour commencer, le boîtier est massif, robuste, semble taillé dans la masse et est sensiblement plus lourd que le D300, ceci étant certainement dû à la taille du prisme. Une fois en main, il en impose par la qualité qui s’en dégage : c’est bien un Nikon professionnel. La poignée accuse un léger embonpoint par rapport à celle du D300.

Nikon D700

Le viseur massif, proéminent, occupe toute la partie supérieure du boîtier et accueille un œilleton rond, caractéristique de la gamme pro Nikon. On constate parfaitement sur les photos ci-dessus la différence évidente avec le prisme du D300 ! Il est tellement imposant qu’il est à l’origine d’une réduction notoire la taille de l’écran LCD supérieur, qui ainsi perd une partie des informations affichées, concernant le mode AF (9, 21, 51 points AF ou mode 51 3D).

Une fois équipé de la poignée-alimentation MB-D10 (commune avec le D300), l’ensemble est plus large, plus haut et plus lourd qu’un D3 !

Le boîtier vient accueillir une nouvelle commande Info, située en bas à droite du boîtier. Un pression sur celle-ci fait apparaître un sous-menu très pratique permettant d’accéder, à l’instar du D60, aux réglages de prise de vue principaux. Cette fonction s’avère très pratique pour éviter d’aller fouiller dans la liste interminable d’éléments de menu de personnalisation
une option, par exemple d’autofocus.

Le pad se voit remodelé et accueille à présent un bouton central, bien délimité, qui permet de valider les actions effectuées dans les menus. J’ai cependant trouvé ce nouveau pad un peu moins pratique que celui du D300, il appartient cependant à chacun de voir ce qu’il préfère en termes d’ergonomie.

Viseur :
Comme on pouvait s’y attendre, le viseur est large, confortable, très grand et lumineux. Un coup d’œil simultané avec le viseur du D300 montre une différence très nette de taille, à l’avantage du FX. Toutes les informations habituelles de prise de vue y figurent.

Lors de l’utilisation d’un objectif DX, un cadre dans le viseur apparaît pour indiquer la zone de cadrage DX, plus petit. J’ignore si le boîtier dont je disposais était équipé d’un firmware final (version A 1.0 et B 1.0), mais la zone FX hors cadre n’était pas grisée et laissait apparaît le parasoleil du 18-70 DX monté pour le test, ce qui est relativement désagréable. D’autres tests dans la presse spécialisée laissent entendre que cette zone se grise bien en cas de montage d’objectifs DX.

Nikon D700

AF-S 18-70 DX, f/5, 1/60s

Nikon D700

AF-S 18-70 DX, f/8, 1/60s

Avec « seulement » 96%, des éléments perturbateurs hors cadre peuvent apparaître sur la photo finale. C’est bien là le seul bémol que l’on peut trouver à ce viseur, le reste étant hors pair. Cette réduction de la couverture s’explique par la présence du flash interne, ainsi que par la présence du système de nettoyage de la poussière, explication apportée par Nikon qui ne me convainc qu’à moitié.

Un reflex full-frame expert
C’est là que l’on attend ce nouveau boîtier : un capteur full-frame enfin un peu plus accessible, avec tous les avantages que cela suppose.

Et là on n’est vraiment pas déçu. L’utilisation d’objectifs full-frame (AF 50mm 1.4D et 80-200 2.8D pour ce test) laissent respirer le large capteur et lui permettent de s’exprimer pleinement. Le 50 mm excelle en douceur sur les flous, on retrouve une sensation d’argentique. La profondeur de champ, toute en douceur, est impressionnante.

Exemple avec le 50mm 1.4D, ouvert à 1.4 (mise au point sur la rambarde à droite)

Nikon D700

Toujours au 50mm 1.4D, ouvert à 3.5

Nikon D700

Le capteur de grande taille implique également une dynamique plus étendue, et le compte est bon ! Cette dynamique se voit encore renforcée par le D-Lighting actif automatique, qui s’avère très pratique et discret. Dans des situations de fort contraste, le D700 a appliqué le D-Lighting automatiquement, ce qui a permis de ne pas brûler le ciel et de laisser les zones sombres nettement détaillées.
Attention cependant : de très belles optiques sont nécessaires pour tirer la quintessence de ce capteur.

Toujours au chapitre FX, notez la commande FN, qui peut être réglée pour permettre de passer du mode FX au crop DX. Un cadre apparaît dans le viseur, et votre 300 mm 2.8 « redevient » l’équivalent 450 mm 2.8 que vous utilisiez avec votre reflex DX.

Sensibilité:
Il ne sera pas nécessaire de faire un article entier sur le sujet, la tenue des images à haute, voire très haute sensibilité est absolument remarquable. Voyez ci-dessous quelques exemples à 4000, 12600 et 25200 ISO. La sensibilité devient à présent un véritable 3ème élément de prise de vue, avec l’ouverture et la vitesse d’obturation. Les possibilités de prise de vue sont énormes ! Ces photos ont été prises dans des conditions de lumière très difficile (soleil couché et ciel voilé). Le D700 s’en sort d’une manière impressionnante et laisse le D300 très largement derrière.

3600 ISO + photo à 4000 ISO dans un parking sous-terrain
Nikon D700
Nikon D700

6400 ISO + photo en semi-obscurité
Nikon D700
Nikon D700

12800 ISO + photo en intérieur
Nikon D700
Nikon D700

25600 ISO, mire et photo prise par semi-obscurité
Nikon D700
Nikon D700

Format FX / DX
Pour ceux qui se demandent ce que « deviennent » leurs optiques préférées avec le D700, voici un petit comparatif en utilisant le 50 mm 1.4D en format DX, puis FX. La différence saute aux yeux.

Format DX
Nikon D700

Format FX
Nikon D700

 

D300 et D700 sur un même sujet
On constate une légère sous-exposition du D700, qui privilégie les hautes lumières afin de conserver du détail dans les zones plus sombres. La taille des photosites du capteur n’y est certainement pas étrangère.

D300 à gauche (mode A, f4, 1/90s), D700 à droite (mode A, f4, 1/125s)

Nikon D700

 

Photos diverses, divers réglages (voir les Exif)

Nikon D700

Nikon D700

Nikon D700

Nikon D700

 

Nouveautés par rapport au D300
– Horizon virtuel (utilisable avec la commande FN) comme le D3
– Perte de la commande d’ouverture de la trappe de carte mémoire (attention !)
– D-Lighting actif automatique
– Contrôle de la distorsion
– Liste non exhaustive, test malheureusement trop court !

Conclusion
Que les aficionados de la marque jaune et noire qui lorgnaient sur le 5D Canon se rassurent enfin : la réponse de Nikon est là, et bien là. Avec un capteur hors catégorie, un viseur formidable quoique perfectible, une ergonomie superbe, Nikon signe ici un superbe boîtier très abouti.

Reste que le tarif conséquent (2800 € boîtier nu) réserve cet appareil à une clientèle professionnelle, ou fortunée. C’est le prix de l’innovation ! Si à ceci vous ajoutez des optiques dignes de l’engin, la facture est salée. Mais quel est le prix du plaisir ?

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© Pixelistes – Jéjé