J’ai eu l’occasion de mettre les mains sur le Nikon D750. Voici un premier avis sur ce boîter, qui a connu de la part des lecteurs de tous bords, un lynchage en bonne et dûe forme sur le net.

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Je ne prends pas la défense des marques. Ce blog n’est pas là pour les caresser dans le sens du poil. Mais à la lecture des commentaires assassins à la suite de l’article concernant le présentation du D750, je me suis posé quelques questions. Et afin de ne pas entrer dans le débat sans autre support qu’un communiqué de presse, j’ai souhaité prendre en mains le nouveau plein format de la marque jaune. Je reviens rapidement sur quelques points critiqués, et espère un test prochainement pour aller plus loin.

« Pas de tropicalisation »

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Nous vivons vraiment dans une société de consommation paranoïaque, dans laquelle nous semblons tous avoir développé une sorte « d’hypocondrie matérielle ». Pour preuve, les voitures parmi les mieux vendues ces deux dernières années, sont les « cross-over urbains », ces citadines aux allures de 4×4. Pourquoi ? Parce qu’elle font plus « costaud et robuste » que les mêmes versions citadines. On peut étendre ça aux deux roues, enfin aux 3 roues. En effet, le pays dans lequel le scooter MP3 Piaggio est le plus vendu est la France (certes pour des raisons d’homologation mais également parce que « trois roues c’est plus stable et moins dangereux »). Enfin, dans un domaine plus proche, le smartphone doit désormais être étanche (au cas où il tomberait dans du liquide).

Un véritable problème de société, et une réponse de nous, consommateurs, à une triste habitude de l’industrie aujourd’hui : le manque de résistance et l’obsolescence programmée. Sans entrer dans un débat sociologique, on veut, non par besoin, mais par phobie, des choses affichant clairement une robustesse allant souvent au delà de ce que l’on infligera, dans la fameuse idée du « qui peut le plus, peut le moins ».

Dans le cas de la photo, on a la fameuse « tropicalisation », qui est censée garantir une résistances aux aléas du quotidien. Mais combien ont utilisé leurs boîtiers sous une pluie battante ? Combien ont eu un boîtiers HS suite à une escapade dans en climat hostile ? Quand on voit les D700 en vente en occasion, on constate que cette tropicalisation n’a pas été si vitale pour tout le monde. Mais en échange le D750 offre une prise en mains exceptionnelle, convenant aux plus petites mimines comme aux plus grandes paluches. Une bonne prise en main, c’est un point important pour un objet de 2000€ que l’on tient parfois à bout de bras non ?

Note : beaucoup ont relevé (à juste titre) que le D750 possédait les mêmes joints de protection que le D810. Mais, la nappe de l’écran (cf photo du dessous) n’est pas protégée. Certes, l’espace est restreint, mais il existe. Il suffit que les gouttes s’infiltrent. Cela dit, est-ce un réel problème ? Non. Mais il faudra éviter de jouer avec l’écran sous la pluie.

DSC_0036Le travail sur la charnière est réussi. Mais les deux petites vis qui tiennent le tout sont exposées

Maintenant, était-ce si difficile d’y ajouter quelque joints ? Non. Mais quoi qu’il en soit, la partie mobile de l’écran arrière n’aurait pas pu être protégée sans alourdir considérablement l’appareil.

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Cet écran parlons-en. Il est inclinable. Si vous faites des mariages ou des reportages, soyez sûrs que vous serez heureux de pouvoir l’utiliser. Dommage que l’autofoucs en liveview ne soit pas plus rapide. La charnière est robuste, aucun jeu n’est à déplorer, et heureusement. Cela dit, il faudrait un recul d’une bonne année avec un usage intensif pour juger de sa résistance, et voir si les deux petites vis soutenant le tout ne se font pas la malle. Oui je sais, mais que voulez-vous, je développe également mon « d’hypocondrie matérielle ».

DSC_0044Pour sûr, avec des joints il ne craindrait plus rien…

« Ce n’est pas le successeur du D700 »

DSC_0050Le D810 (à droite). Le D750 (à gauche donc) paraît minuscule à côté

Il faut l’avouer, le D750 n’est pas le successeur du D700. Mais, les utilisateurs pro et semi pro du D700 pourront apprécier ce D750. Le module autofocus est excellent, la possibilité de grouper les collimateurs était appréciable sur le D4s et l’est tout autant ici.  Et puis, vous économiserez quelques séances de kinésitérapeute.

DSC_0040Le dessous paraît minuscule

DSC_0038La molette de sélection affiche les modes PASM, Auto, mais aussi… des modes scènes (sic)

Sur la molette, on distingue les modes scènes. Et ce n’est pas pour être pédant ou hautain mais : les modes scènes sur un boîtier photo à 2000€ et de cette gamme, ce n’est pas un peu (beaucoup même) inutile ? Il faudra également m’expliquer en quoi consiste le mode « macro » sur un reflex alors que le rapport de grossissement dépend de l’objectif. Bref, à vouloir ratisser trop large, on ne ratisse plus rien. En quoi ça gène ? Disons que moins il y a de touches inutiles, mieux on se porte. Puis il y a une sorte de logique.

DSC_0037Le 20mm f/1.8 monté sur le D750 offre un combo grand angle très léger et donc très maniable

Fibre de carbone et poignée retravaillée

La fibre de carbone a rendu le boîtier plus léger, vraiment plus léger. Franchement, je ne m’attendais pas à une telle différence avec le D810 (sur le papier, la différence n’est « que » de 140 grammes, le D810 affichant 980g contre 840g pour le D750).
La poignée creusée de cette façon permet de tendre le bout des doigts, le grip est confortable et la prise ferme. L’ensemble rend la tenue sûre et franche.

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DSC_0048La poignée du D750 est plus fine et plus creusée,les phalanges sont aux anges =)

DSC_0047Joyeux Noël !

Premier contact

Je trouve que les remarques faites à l’égard de ce boîtier sont exagérées. Mais ce constat n’est faisable qu’en l’essayant. Certains choix de Nikon restent cependant plus qu’étranges. La limite au 1/4000 de seconde pour le déclenchement, les modes scènes, d’un côté, et d’un autre, l’AF du D4s. On a l’impression que Nikon a hésité à trancher. Enfin, il y a le D610. L’écart entre les deux boîtiers existe, mais méritait d’être plus marqué. Maintenant, ce D750 fera certainement la joie de tous les photographes de mariage, de reportages, ou ayant besoin de légerté tout en disposant d’un grand capteur, grâce à son écran orientable.

Je mets à la suite quelques clichés capturés avec le 20mm f/1.8. Les images sont disponibles en taille réelle ici.