Ce n’est pas nouveau, la plupart des photographes amateurs ou professionnels qui s’intéressent un tant soit peu à cette activité savent que finalement, pour que la photo soit une activité digne d’un « long fleuve tranquille », il faut juste vouloir se faire plaisir et pas vouloir en chercher une quelconque reconnaissance.
Vraiment ?
« Avant », c’est à dire avant la démocratisation des appareils photo numériques accessibles au grand public, ce n’était pas très simple de faire connaitre son travail, et seuls les meilleurs s’en sortaient.
Aujourd’hui, n’importe qui peut acheter du matériel, créer un site web ou un blog et publier ses photos… un jeu d’enfant ! Mais cela en fait-il de bons photographes pour autant ?
Et surtout, internet est pour beaucoup synonyme du « tout gratuit »… tout ce qui touche au numérique existe en versions gratuites, parfois mieux que certaines solutions payantes; alors pourquoi se priver ? Ainsi fleurissent les banques d’image où les photographes désireux de gagner quelques euros proposent des photos à vil prix, alors que les « pros » peinent à vendre leurs clichés à pris d’or.
Et puis, il y a tellement de photographes qui se disent « et pourquoi pas moi ? » que des organisateurs de festivals, de concours, usent et abusent de cette forme de crédulité en proposant des participation contre cession pure et simple des droits sur ces images. Forcément, on se dit que, si jamais on était sélectionné, cela ferait bien sur le CV, alors si le prix à payer est la cession des droits de ces photos, on se rattrapera ensuite grace au succès… ou pas :mrgreen2: Mais on fond, le « deal » n’est-il pas potentiellement « gagnant-gagnant » ?
Et je ne parle pas des « apprentis pros » qui se disent que, pour percer, il faut d’abord diviser les prix par 2 pour avoir une chance d’être retenus, histoire de se constituer quelques références… Même si l’on sait que c’est un leurre, qu’une fois le prix établi, les clients ne comprendront que difficilement une hausse aussi significative qu’un doublement (c’est psychologique :mrgreen: ), la tentation peut être forte… et compréhensible.

Alors bien sûr, il y a beaucoup d’abus. Et tous ces exemples sont d’une façon ou d’une autre condamnables. Mais finalement, que recherchent les photographes qui, par leur participation active à ces détournements les encouragent ? Probablement un peu de reconnaissance de leur travail, éventuellement quelques euros… de l’argent facilement gagné peut-être ?
Et n’oublions pas l’aspect psychologique de tout cela : les pros ne craignent-ils pas de se faire « piquer » leur boulot par des « apprentis », voire par des amateurs ? Et si c’était le cas… que cela signifierait-il ? Pas que l’amateur est meilleur ? Car finalement, la différence entre le pro et l’amateur n’est pas (systématiquement) la compétence, dans ce métier, puisque, justement, il suffit d’un appareil et d’une déclaration pour être pro. A l’inverse, n’oublions pas non plus les pros qui vont venir sur le terrain des amateurs dans certains concours, histoire d’essayer de se faire un petit coup de pub à bon prix, en se disant justement que, en tant que pro, ils ont plus de chance de gagner… Et je ne suis pas certain que ce soit toujours si évident ;)

Mais combien de temps cela va-t-il tenir ? Ne pensez-vous pas que, d’une façon ou d’une autre, les vrais talents sortiront du lot ? Avec ou sans ces artifices ? Que les meilleurs photographes arriveront à leurs fins, que ce soit un talent artistique reconnu ou une activité professionnelle rentable ?
Personnellement, je serais un vrai « dénicheur de talents », je passerais je pense plus de temps sur Pixelistes que dans les salons ou à organiser des concours pour que les candidats viennent à moi ;) Car que penser de « l’œuvre » d’un photographe qui présente 1 ou 2 clichés, aussi magnifiques soient-ils ? Quelle constance aura-t-il ? Pire, puisque l’on est dans l’évocation du pire du du « Mal » :mrgreen2: , sont-ce ses propres photos ? :mrgreen:

Chacun à son niveau essaie de faire quelques petites choses, laissons donc finalement aux profiteurs leurs profits, si nous en sommes conscients, leur activité retombera comme un soufflé et nous passerons à d’autres « méthodes » car, ne nous leurrons pas, il y en aura d’autres, et, finalement, laissons chacun rêver à son petit moment de gloire et recentrons-nous sur notre passion : allons faire des photos !

© Pixelistes – lincal

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